Les bandes bientôt interdites sur les terrains de concours aux Pays-Bas

D’ici quelques mois, les bandes de polo et de travail seront interdites sur les terrains de compétition aux Pays-Bas. Cette décision prise par la KNHS, la fédération équestre nationale, vise à contribuer au bien-être des chevaux. Explications :

Aux Pays-Bas, la règlementation interdit déjà l’utilisation de bandes de polo ou de travail sur les terrains de concours complet. A partir des 1er mars et 1er avril 2024, dates de l’entrée en vigueur des nouveaux règlements, la mesure s’appliquera aussi aux compétitions de saut d’obstacles, dressage et attelage.

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© FEI

Cette décision prise par la KNHS (fédération équestre nationale) s’appuie sur diverses études scientifiques qui, depuis les années 1970, ont mis en évidence les effets négatifs que les bandes peuvent avoir sur les membres des chevaux. « Le plus gros problème est que la température des jambes augmente fortement sous les bandages , ce qui a un effet néfaste sur l’élasticité du tissu tendineux », explique dans un communiqué Morgan Lashley, spécialiste en médecine du sport et en rééducation équine à l’Université d’Utrecht. Elle précise par ailleurs que refroidir les tendons juste après la séance n’est pas suffisant : « C’est comme si vous mettiez d’abord le feu à votre maison, puis vous l’éteigniez. Le mal est déjà fait. » 

La KNHS et la spécialiste de l’Université d’Utrecht soulignent également les dangers d’un mauvais placement des bandages : « S’ils se détachent, un cheval peut se prendre les pieds dedans. S’ils sont trop serrés ou si le matériau n’est pas bon, une pression peut se produire. J’ai même vu à l’étranger que des tendons avaient subi des traumatismes dus à des bandages trop serrés.»

Protection insuffisante

Un autre argument avancé pour justifier cette mesure aux Pays-Bas est le fait que les bandes n’offriraient pas une protection efficace ou suffisante par rapport à d’autres alternatives comme les guêtres. « Des études ont été menées pour déterminer si les bandages pouvaient empêcher une extension excessive du boulet. La réponse est non ; même un ruban adhésif n’aide pas contre cela. On ne peut stabiliser cette articulation qu’avec une attelle ou un plâtre, mais évidemment c’est impossible de monter avec ça. Et pour éviter les touchettes, les guêtres fonctionnent mieux qu’un morceau de tissu.»

En adoptant cette mesure sur les terrains de compétition, la KNHS espère évidemment faire aussi changer les mentalités au sein des écuries, où les bandes sont encore très populaires et parfois simplement utilisées pour des questions esthétiques.

On peut toutefois noter qu’au-delà des bandes, il est intéressant de remettre globalement en question l’usage des protections. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, certaines études ont effet démontré que les guêtres provoquent elles aussi un échauffement des tendons. Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner complètement les protections, mais qu’il est important de bien les choisir, et de fonctionner au cas par cas selon l’activité et les spécificités de chaque cheval.

Marie-Eve Rebts

Co-fondatrice de Cheval-in, Marie-Eve est cavalière depuis plus de vingt ans, et journaliste équestre depuis une dizaine d'années. Elle pratique le dressage mais adore le monde équestre dans sa globalité, et s'est même essayée avec joie à de nombreuses disciplines comme l'équitation américaine, le TREC ou le horse-ball !